Le transmetteur du judaïsme

On le connaissait aussi comme celui qui aidait et conseillait les lycéens de l’Ecole de l’Enio à Paris, celui qui savait convaincre les plus rebelles à mettre les tefilin (phylactères). Pendant de longues années, il fréquente le local Loubavitch de la rue Lamartine et, parcourant les arrondissements parisiens, il illumine de sa présence souriante et accueillante les synagogues, rue Montevideo, rue Lamartine, rue Cadet, rue Saunier ou encore à Cannes la synagogue Loubavitch. Totalement pénétré par la prière, il préfère se mettre dans le fond de la synagogue, s’isolant mentalement dans ces moments quotidiens d’intense spiritualité.

Dans les années 50, il fréquente Monsieur Chouchani, personnage étonnant et d’un savoir exceptionnel, qui l’éblouit et a sur lui une grande influence tout comme il en a eu sur le philosophe Emmanuel Levinas et sur Elie Wiesel.

Qu’on l’ait croisé l’espace d’une conversation ou que l’ait connu plus longtemps, il laisse une empreinte qu’on ne peut oublier : était-ce les histoires drôles ou les paraboles talmudiques qu’il savait si bien raconter ou parce qu’il acceptait l’autre, avec douceur et dans le respect ? Sans doute est ce cocktail d’humour, de ferveur, de douceur et d’entêtement qui était sa marque. Un homme à la « bonté têtue » écrit une amie à propos de cet homme qui se nomme Rahamim, miséricorde en hébreu. Il entre dans la misère de l’autre comme si c’était la sienne, ne refuse jamais l’aide. Nombreux sont ceux qui, religieux aujourd’hui, le désignent comme celui qui a su allumer en eux l’étincelle spirituelle.