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Entretiens avec Raymond Cicurel

Mercredi, avril 14th, 2010

Il y a quelques années, José Boublil avait interviewé Raymond Cicurel. Ces entretiens ont été filmés par Michel Benhamou et sont disponibles sur YouTube, totalisant près d’une heure d’enregistrement. Les voici (pour passer à la vidéo suivante, cliquer sur les < ou > de part et d’autre de la vidéo).

Le souffle de la vie

Mercredi, février 25th, 2009

C’est d’abord dans une trompette qu’il souffle puisque c’est avec cet instrument qu’il a commencé à être musicien de jazz, c’est aussi le souffle de la course puisque c’est en courant qu’il se déplaçait, il a couru toute sa vie, il a grimpé les 9 étages à pied le shabbat jusqu’à ce que la maladie ne l’empêche de sortir. Chaque année, il a soufflé dans le chofar, il adorait souffler dans cette corne et cette année 2007 qui a précédé sa disparition le son de son shoffar avait encore touché les fidèles à Yom Kippour. Rouach Nefesch, c’est le souffle de vie, de l’âme.

Le musicien

Mercredi, février 25th, 2009

Trompettiste et compositeur, Raymond Cicurel est un musicien exceptionnel aussi bien dans le domaine du jazz qu’il a traversé comme une étoile filante sous le nom de Ray Cicurel, que dans la musique contemporaine qui l’a attiré par la suite.

Personnage singulier et vraie personnalité musicale, il a été remarqué par le critique de jazz Hugues Panassié, il a côtoyé et joué avec Boris Vian (voir Chroniques de Jazz de ce dernier), avec le violoniste Stéphane Grappelli, le guitariste Django Reinhardt, entre autres, pour entrer ensuite dans le champ de la musique contemporaine sous l’aile de Nadia Boulanger et de René Leibowitz.

Il commence la trompette à 17 ans pendant qu’il prépare son baccalauréat à Paris. Hugues Panassié qui l’a remarqué, écrit de lui dans Douze années de jazz :

« J’eus l’occasion d’entendre un trompette égyptien de 17 ans, Raymond Cicurel. […] je me rendis compte que ce garçon était prodigieusement doué. Il progressait chaque mois et ne tarda pas à être capable d’improviser des solos splendides. Ce qui me frappait le plus, c’était son accent grandiose, l’ampleur et l’assurance de ses phrases. Il n’avait pas l’air d’un petit garçon à côté des noirs, comme tous les trompettes blancs, il avait au contraire la fougue et la chaleur des grands trompettistes de couleur. C’était un nouveau Bix, ou mieux : il jouait comme Bix aurait dû jouer s’il s’était entièrement abandonné au style des noirs, au lieu de rester malheureusement en marge ».

La guerre interrompt les concerts de jazz en Europe et motive le départ en Egypte. Plus tard, de retour à Paris, il se passionnera pour la musique classique et rejoindra le mouvement sériel. C’est avec le chef d’orchestre et compositeur René Leibowitz qui a introduit en France la technique de la musique de 12 sons inventée par Arnold Schönberg qu’il étudie. Il met en oeuvre un système qu’il baptise « musique matricielle ». Il fait preuve d’une écoute et d’une perspicacité exigeantes pour l’innovation et la beauté en musique, mais aussi de beaucoup d’esprit critique.

Il est l’élève de Nadia Boulanger dont il suit l’enseignement du mercredi, rue Ballu, et où il fréquente de nombreux compositeurs américains.

Perfectionniste, à la recherche d’un impossible absolu, il retouche sans cesse ses œuvres comme sa sonate pour piano, Higayon, joué notamment à France Musique par la pianiste Lucienne Dumont. Durant toutes ces années, il entretient des liens avec le pianiste compositeur Michael Levinas avec qui il partage un intérêt passionné pour les avancées de la musique contemporaine.